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Natàlia Perarnau: Et si nous invitions les enfants à réfléchir ?

On m'a dit, une fois, qu'il est plus important de savoir poser les bonnes questions que d'apporter de bonnes réponses. Je pense que cette affirmation, pour invraisemblable qu'elle puisse paraître, entre dans l'ordre des choses et j'aimerais l'analyser.

Dans le contexte des billets que je poste sur ce blog, cette phrase me mène à réfléchir sur les moyens par lesquels nous engageons la conversation avec nos enfants pour cultiver et favoriser la communication. Maîtriser l'art de poser des questions à nos enfants peut donner lieu à des conversations, des réflexions, des confidences… or ne pas le maîtriser peut déboucher, pour tous, sur une impasse, faite de réponses réduites à des monosyllabes ou, ce qui revient au même, à un oui ou un non catégoriques. Cependant, je ne veux pas aujourd'hui me lancer dans une réflexion sur la manière de rendre une conversation fluide, mais bien sur la façon de faire jaillir l'étincelle qui avivera l'esprit critique de nos enfants.

Il y a de cela quelques années, ma famille et moi avons fait la connaissance, pendant les vacances, d'une maman, qui voyageait avec ses deux enfants. À l'époque, notre pays était plongé dans l'une des pires crises de son histoire. Cette mère de deux enfants, âgés de 10 et 14 ans, voulut connaître de première main la magnitude de la tragédie. Nous parlâmes un moment, et je fus surprise de voir que tandis que mes enfants, aussi grands qu'eux, ne participaient pas à la conversation, les siens étaient parfaitement intégrés malgré leur jeune âge. Il semblait évident que ces enfants avaient reçu un stimulus différent des miens qui avait vivifié leur réflexion critique et leur capacité à émettre une opinion. Lors d'une seconde conversation, où je m'attardais davantage sur les stratégies dont usait la mère que sur le sujet qui y donnait matière, je compris son truc. Cette maman prenait la peine, de temps à autre, d'arrêter la conversation pour se diriger à ses enfants et leur demander : Et toi, qu'est-ce que tu en penses ? Les enfants ne pouvaient pas baisser la garde ; ils devaient écouter attentivement et enregistrer l'information, car ils savaient que tôt ou tard la question magique leur serait posée. Ce constat m'a fait réfléchir, non seulement sur la façon de stimuler l'esprit critique à la maison, mais aussi et surtout sur la manière dont est traitée la question dans notre système éducatif.

J'enseigne l'anglais depuis quelques années déjà, et j'ai observé que nos jeunes manquent de motivation et souvent d'arguments pour faire part de leur opinion au-delà de sujets bateau. J'ai toujours pensé que c'était normal, je mettais cela sur le compte de l'âge ou de l'immaturité des enfants. Mais le temps passant et l'expérience aidant, j'ai compris que là n'était pas le problème. Notre système éducatif est malade, il n'allume pas les étincelles ; c'est une éducation plate, où le professeur donne (dans le meilleur des cas) et l'élève reçoit. Il s'agit d'un système clairement unidirectionnel. Je doute fort qu'en travaillant sur l'époque des Rois Catholiques à l'école, il y ait beaucoup d'enseignants qui demandent à leurs élèves ce qu'ils pensent de tout ce qu'ils ont fait, s'ils voient un parallélisme avec la situation actuelle, ou si leurs décisions politiques peuvent avoir affecté l'actualité. Ce serait une très agréable surprise.

Je sais qu'il existe des systèmes éducatifs en Europe qui accordent une grande importance aux cours de religion, souvent considérés, en Espagne, comme une "matière facile". On pourrait croire que c'est parce que ces pays, ou ces écoles, sont très religieux, ce n'est pourtant pas la raison. Dans ces écoles-là, on travaille 2 ou 3 religions, par exemple : le christianisme, l'islam et le bouddhisme. Les enfants apprennent les principes qui régissent chacune d'entre elles. L'examen ― et c'est là tout le défi ― ne consiste pas à “cracher” le cours, mais à résoudre une situation ou un conflit fictif du point de vue de chacune de ces religions. Il n'y a donc pas de bonnes ou de mauvaises réponses, pour autant que l'élève argumente convenablement son choix, en se mettant à la place du pratiquant de telle ou telle religion. Vue sous cet angle, cette matière prend indéniablement une tout autre dimension, car non seulement elle oblige les élèves à réfléchir et à interpréter, mais elle les aide aussi à être plus ouverts et empathiques.

Pour conclure ce billet et donner matière à réfléchir sur l'importance d'encourager le développement de l'esprit critique à la maison comme à l'école, je vous quitte sur cette phrase entendue il y a quelques jours dans une conférence : “Quiconque ne réfléchit pas s'expose au risque grave de voir son emploi robotisé”. Et vous, qu'en dites-vous ?

  1. 1994
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